par Philippe Lejeune
La
mise au point reproduite ci-dessous a été publiée
dans La Faute à Rousseau, n° 20, février
1999,
p. 72. Je l'ai établie à partir des chiffres officiels
publiés,
et de renseignements complémentaires qui ont été
fournis
par Olivier Donnat à la demande de l'Association pour
l'Autobiographie
Ces chiffres sont à prendre avec grande précaution. Ils
sont peut-être sous-estimés (les enquêtes ne
prennent
en compte que la population française à partir de
l'âge
de 15 ans - or on sait que c'est entre 10 et 15 ans que
s'écrivent
- chez les filles - le plus de journaux), ils sont sans doute
sur-estimés
(dans la mesure où ils couvrent des pratiques souvent
temporaires).
Ils montrent néanmoins que 7 à 8% de la population
française
de plus de 15 ans (soit environ 3 millions de personnes) dit avoir tenu
un journal dans l'année précédant l'enquête.
Depuis
1988, le Ministère de la Culture compte les diaristes.
La Faute à Rousseau (n° 12, juin 96) a
déjà
consacré un long article à l’enquête de 1994 sur Les
Amateurs, qui faisait état de 3% de diaristes.
C’était
un chiffre surprenant, puisque l’enquête de 1988 sur Les
Pratiques
culturelles des Français avait donné le chiffre de
7%.
D’où venait la différence ? Peut-être du contexte
général
des deux enquêtes, certainement de la formulation
différente
de la question. En 1988, elle était très large : “ Tenir
votre journal intime, noter vos impressions et réflexions ”,
tandis
qu’en 1994 il s’agissait seulement du journal intime.
Pour la première fois aujourd’hui on possède,
à
neuf ans d’intervalle, des chiffres vraiment comparables.
L’enquête
sur Les Pratiques culturelles a été refaite en
1997
avec, pour la partie qui nous concerne, exactement la même
formulation.
Ses résultats ont été publiés (La
Documentation
française, 1998, 360 p), et Olivier Donnat, auteur de
l’enquête,
a eu la gentillesse d’établir spécialement pour La
Faute
à Rousseau des résultats plus détaillés
par sexe. On en trouvera ci-dessous une partie, l’ensemble du document
étant consultable au siège de l'APA, à La
Grenette.
Tout peut se résumer en deux chiffres : entre 1988 et
1997, on est passé de 7% à 8%. La tendance est donc
à
la hausse. Cette hausse, d’autre part, semble plus sensible chez les
femmes
(de 8% à 10%) que chez les hommes (toujours 6%). Les autres
variations
semblent moins significatives, sauf peut-être le changement de
profil
de la pyramide des âges chez les hommes : à la
différence
de ce qui se passait en 1988, les hommes de 20 à 24 ans tiennent
plus de journaux que les adolescents de 15 à 19 ans, et presque
autant que les femmes du même âge.
Cette hausse de la pratique du journal peut aussi être
confrontée au caractère relativement stationnaire des
écritures
littéraires : “ écrire des poèmes, des
nouvelles,
des romans ”, de 1988 à 1997, reste à 6%.
Il faut être prudent dans l’interprétation de ces
résultats, qui, de plus, recouvrent des réalités
diverses
en étendue et en nature. On peut aussi se demander si
l’augmentation
des réponses positives ne correspond pas, autant qu’à une
augmentation des pratiques, à un changement de l’opinion
publique
qui les rend plus avouables.
Quoi qu’il en soit, voici les chiffres. Les colonnes de gauche
donnent les chiffres de 1988, les colonnes de droite, en
caactères
gras, ceux de 1997.
Et un grand merci à Olivier Donnat !
Question
n° 93
Activités pratiquées en amateur au cours des 12 derniers
mois
“ Tenir un journal intime, noter vos impressions et
réflexions
”
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1988 |
1997 |
1988 |
1997 |
1988 |
1997 |
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Source
: Ministère de la Culture
Département des études et de la prospective