Colloques et appels
à contributions 2013
Merci de m'indiquer
les colloques et rencontres... qui ne figurent pas
encore ici, et devraient y figurer !
philippe.lejeune@autopacte.org
Dernière
mise à jour : 17 mars 2012
25 janvier 2013 - VILLETANEUSE (93) - Le lettre et l'histoire : écrire, témoigner, agir (II)
« La Lettre et L’Histoire : écrire, témoigner, agir »
Vendredi 30 novembre 2012, Université de Caen Basse-Normandie
Vendredi 25 janvier 2013 Université Paris 13
L’objet de ce colloque, qui rassemblera littéraires, historiens, et
archivistes est d’interroger les différents types de rapports qui se
nouent entre l’écriture épistolaire et l’écriture de l’Histoire. Dans
cette perspective on s’intéressera à des correspondances d’hommes
politiques ou d’acteurs importants de la scène historique, mais aussi à
des correspondances privées d’épistoliers qui se sont servis de la
lettre pour raconter l’événement, témoigner de ce qu’ils ont vu,
analyser les événements traversés et parfois encore agir sur le cours
de l’histoire. C’est dire que l’on considérera la lettre dans une
triple dimension, à la fois comme un document et donc comme une
archive susceptible en tant que telle de contribuer à l’écriture
l’histoire ; comme un témoignage singulier par lequel une individualité
exprime son rapport à l’Histoire ; mais aussi comme un acte dont un
effet sur le cours de l’Histoire est attendu.
Le colloque se déroulera en deux étapes :
« La Lettre et L’Histoire : écrire, témoigner, agir » (I)
Université de Caen, vendredi 30 novembre 2012
La première journée de ce colloque portera sur la façon dont la lettre
a pu constituer un support privilégié pour rapporter, selon un angle de
vue individuel et personnel, accidents, événements, et mouvements de
l’histoire. Forme brève et discursive qui s’inscrit dans un geste de
communication, la lettre est une des modalités d’écriture du témoignage
les plus accessibles. Elle suppose de la part de l’épistolier une
double posture qui est à la fois celle de l’acteur – car il s’agit le
plus souvent d’évoquer des événements auxquels on a pris part plus ou
moins activement – mais aussi celle de l’analyste, car s’y manifeste un
point de vue singulier sur les événements rapportés. Ce double statut
du scripteur de la lettre, plus ou moins sensible selon les cas, fait
de la d’elle à la fois un texte dont on peut interroger les formes et
les enjeux stylistiques et une archive féconde pour l’historien.
« La Lettre et L’Histoire : écrire, témoigner, agir » (II)
Université Paris 13, 25 janvier 2013
La seconde journée de ce colloque international et pluridisciplinaire
traitera des correspondances des grands hommes et femmes politiques ou
d’acteurs importants de la scène historique.
Comment ces épistoliers mettent-ils en scène dans leurs lettres leur
vie politique ainsi que celle de leur temps et de leur pays ? Quel(s)
rôle(s) donnent-ils à leurs correspondances ? Comment y
représentent-ils leur moi de témoin et d’acteur de l’Histoire ? Nous
poserons également la question de l’édition de ces correspondances :
comment et pourquoi les éditer ?
Les propositions (titre de la communication accompagné d’un
argumentaire de 500-600 caractères) devront parvenir aux
organisatrices, Brigitte Diaz et Françoise Simonet-Tenant, au plus tard
le 15 juin 2012 aux deux adresses suivantes :
brigitte.diazw@gmail.com
francoise.simonet-tenant6@orange.fr
Responsable : DIAZ Brigitte et SIMONET-TENANT Françoise
Url de référence :
http://www.epistolaire.org/
Adresse : F. Simonet-Tenant, 39 rue Gabriel Lamé, 75012 Paris
4-5 avril 2013 - ROUEN - Les écrits des mémorialistes dans leurs Mémoires
Les écrits des mémorialistes dans leurs Mémoires : reprises, empreintes, analogies
Colloque international organisé par le CÉRÉdI (Université de Rouen)
les 4 et 5 avril 2013
Date limite : 15 septembre 2012
Bien des mémorialistes ont écrit et même
publié d’autres ouvrages comme des recueils de correspondance (Arnauld
d’Andilly) ou de poèmes (cardinal de Bernis), des fictions satiriques
(Bussy, Mlle de Montpensier), des journaux (Arnauld d’Andilly), des
romans (marquis d’Argens) ou même des livres d’histoire (Agrippa
d’Aubigné)… Ces textes, oubliés par la critique ou toujours examinés à
part, méritent d’être étudiés au travers du prisme des Mémoires. Dans
quelle mesure viennent-ils nourrir l’écriture mémorielle et
réciproquement ? En repérant les différentes réappropriations d’un «
texte déjà écrit », les variations autour de mêmes scénarios ou les
transpositions de pratique d’écriture, l’on pourra mettre en lumière
des phénomènes de reprises, d’empreintes et d’analogies.
L’on pense, pour cela, repérer la place
occupée par ces écrits « externes » dans la trame du récit, afin de
caractériser les modalités de leur présence. Celle-ci peut être
envahissante ou rare, exhibée ou discrète voire invisible. Une enquête
sur les jeux d’insertion pourrait mettre en lumière des
pratiques et des manières de transcrire le passé dont les effets
joueraient sur le rythme de la narration, mais aussi sur son sens. On
pourra ainsi étudier le rôle de ces textes réutilisés dans la
constitution et l’organisation des données référentielles ?
Sont-ils une trace d’Histoire, une trace de l’histoire d’une vie
?
Les pratiques d’intégration faisant des
écrits externes aux Mémoires un matériau poétique, une approche
générique pourrait examiner la fabrication de quelques séquences
mémorielles, ce qui mettrait en lumière le travail de réécriture et son
enjeu.
En comparant avec leurs mémoires
l’Histoire Universelle et la correspondance d’Agrippa d’Aubigné
mais encore les lettres de Gourville, du marquis de Forbin …, l’on
examinera les accentuations, les atténuations, les décalages comme
autant d’indices révélateurs de l’écriture ou de la réécriture de soi.
La nature des écrits externes mentionnés ou
cités dans le récit mémoriel mérite également une enquête. Quand les
mémorialistes se réfèrent à leurs écrits, s’agit-il de textes factuels
ou fictionnels ? Les écrits factuels sont-ils désignés explicitement,
tandis que l’influence des écrits fictionnels resterait masquée ?
On pourra se demander en quoi la citation d’un texte publié à
part ou se trouvant dans des papiers personnels sert de preuve et de
témoignage, participe à construire l’ethos du narrateur,
entretient ou pas une complicité avec le lecteur. Lorsque le
mémorialiste parle de ses oeuvres ou de ses textes quel portrait
fait-il de lui-même en tant qu’auteur ? Le regard sur soi est-il
différent selon les textes revendiqués ?
Il est encore possible d’interroger le
statut des textes fictionnels en se demandant en quoi ils influencent
l’écriture des portraits, des anecdotes, voire la composition même des
Mémoires, ou inversement en quoi les Mémoires construisent un
étoilement de motifs qui viennent se greffer dans la matière
romanesque. L’Histoire Amoureuse des Gaules de Bussy, l’Histoire de
Jeanne Lambert d’Herbigny, marquise de Fouquerolles de Mlle de
Montpensier, les oeuvres du marquis d’Argens offrent ainsi l’occasion
d’examiner le jeu des interactions entre l’écriture mémorielle et la
fiction, entre le roman, le récit autobiographique et les Mémoires.
Toutes ces nouvelles entrées veulent
éclairer des processus d’écriture, découvrir des sources ou des
influences inédites, interroger des phénomènes d’intégration, de
réappropriation du « déjà-écrit », de convergences et d’influences
souterraines afin de voir si l’on peut cerner des processus de
transposition propres à l’écriture des mémorialistes.
Les propositions de communication sont à envoyer à myriam.tsimbidy@hotmail.fr
Calendrier :
Envoi des propositions maximum 600 mots avec une brève présentation bibliographique pour le 15 septembre 2012
Sélection des propositions par le comité scientifique pour le 30 octobre.
Comité scientifique :
Frédéric Charbonneau, Université McGill
Jean Garapon, Université de Nantes
Nadine Kuperty-Tsur, Université de Tel Aviv
Marie-Paule Pilorge, Université de Tours
Responsable : Myriam Tsimbidy (CÉRÉdI, Université de Rouen)
Responsable : Myriam Tsimbidy
Adresse : 8, rue Edmond Roger 75015
30-31 mai 2013 - PAU - L'amitié dans les écrits du for privé et les correspondances
Colloque international organisé par les laboratoires de recherche CRPHL et ITEM de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour
Jeudi 30 mai, vendredi 31 mai 2013
UPPA, Parlement de Navarre, Musée national du château de Pau
L’amitié dans les écrits du for privé et les correspondances,
de la fin du Moyen Age à 1914
APPEL A COMMUNICATIONS
(public concerné : chercheurs historiens et littéraires)
Délai : 30 juin 2012 (voir ci-dessous)
* RÉSUMÉ
Le sentiment d’amitié,
les comportements qui en résultent et les discours qui en rendent
compte constituent l’objet de ce colloque, à l’intérieur d’un corpus
documentaire et d’un cadre temporel précis : les écrits du for privé et
les correspondances de la fin du Moyen Age à 1914.
Comment l’amitié
s’exprime-t-elle dans les écrits intimes et comment la vit-on par
correspondance ? Inversement, comment cette documentation, réputée
proche de l’individu, de l’intime et du vécu, éclaire-t-elle l’amitié
dans sa dimension historique ?
L’expression de l’amitié
n’appartient pas à tous les discours (l’image la néglige). Quelles sont
les caractéristiques du discours d’amitié ou sur l’amitié dans les
écritures personnelles ? Quelles formes peut prendre, sur ces
frontières de la littérature, une expression littéraire de l’amitié ?
* ARGUMENTAIRE
1. L’idéologie de l’amitié
Idéologie, philosophie,
attitudes ou simples conceptions sur l’amitié : les écrits personnels
traduisent la pensée d’une époque, ou du moins n’y échappent pas.
Effort de clarification, désir d’anatomiser le sentiment, délectation à
parler de ce qu’on aime – toutes ces motivations et d’autres encore
sont à l’origine de l’écriture réflexive de l’amitié, qui s’accompagne,
à l’occasion de l’échange épistolaire, d’un jeu de miroirs.
La représentation de
l’amitié a connu une évolution notable : d’une image virile et
passionnée, très liée à l’honneur, on glisse à partir du XVIIIe siècle
à la conception privée et sentimentale qui est la nôtre. Surtout,
l’amitié stricto sensu possédait un arrière-fond aujourd’hui disparu
qui lui fournissait une connotation particulière : l’amitié-philia et
sa version chrétienne, la fraternité, qui exprimaient l’essence des
relations humaines.
Les représentations
communautaires (l’amicitia monastique, humaniste, maçonnique…)
s’incarnent dans l’écriture personnelle. Celle-ci peut exprimer les
aspirations, les contradictions et les débats qui résultent de
l’appartenance à un groupe qui désigne l’amitié comme son essence et sa
raison d’être.
2. L’exercice de l’amitié
L’amitié est un
sentiment d’affection qui induit des relations spécifiques. Etant
affaire d’élection autant que d’inclination, il n’est pas interdit d’en
faire la déclaration. Mais l’amitié naît plus couramment de
propositions et d’avancées affectives, dont un journal ou une
correspondance peuvent garder la trace.
De la confidence aux
secours, en passant par le conseil et l’hospitalité, la pratique de
l’amitié englobe toutes sortes de gestes et de comportements. La
relation devant être entretenue, une place éminente est réservée aux
cadeaux, aux visites et à la correspondance, devenue à partir du XVIIe
siècle l’épine dorsale de l’amitié. D’où ces questions essentielles :
comment pratique-t-on l’amitié par lettres ? comment cet usage a-t-il
évolué ?
L’amitié n’a pas
toujours été un luxe et une relation de confort, réservée à la sphère
privée. Bien qu’elle repose sur une relation interpersonnelle, elle a
pour vocation seconde à se constituer en réseau - elle irrigue
notamment les nombreuses compagnies d’Ancien Régime. Ostensible ou
secrète, l’amitié renforce l’individu et génère du pouvoir : elle
s’inscrit dans les mille et un moyens de parvenir. De là cette méfiance
des collectivités envers les amitiés intimes, bien manifeste dans les
règlements des congrégations et des établissements d’enseignement.
3. Ombres et clartés de l’amitié
Les documents privés
sont propres à témoigner des amitiés secrètes, des amitiés en détresse,
des amitiés trahies, des ruptures. L’analyse des discours peut révéler
les sous-entendus, les non-dits, les contradictions et les dissonances
d’une relation. Comment l’amitié serait-elle exempte d’envie, de
jalousie et d’intérêt, puisqu’elle est chargée d’étouffer ces passions
?
Lien désexualisé,
l’amitié peut être l’objet d’équivoques et de malentendus. On connaît
la question traditionnelle : l’amitié entre hommes et femmes est-elle
possible ? Comme lien humain, l’amitié doit s’effacer devant l’amour de
Dieu : jusqu’où peuvent aller les amitiés spirituelles sans porter
ombrage à l’amour divin ? Enfin, comme lien avec un autre soi-même,
l’amitié doit cultiver le désintéressement, l’oubli de soi : mais ne
s’agit-il pas là d’une ruse de l’amour-propre ?
L’amitié s’inscrit
naturellement dans le temps. Parce qu’il s’agit d’un processus : une
relation humaine possède un début et une fin. Parce qu’elle est un
éminent objet de souvenir : la mémoire est tissée de liens affectifs
qui font l’objet d’une réactivation et d’une reconstruction. Enfin,
parce que dans les siècles passés, l’amitié était portée par une
puissante aspiration à l’éternité.
4. Écrits personnels, littérature et amitié
L’expression écrite du
sentiment est-elle constitutive du littéraire ? En ce cas, on postulera
une littérature de l’amitié. Mais les obstacles sont nombreux. En
particulier, le statut de vérité que l’on confère spontanément aux
écrits personnels (volontiers qualifiés de « témoignages »), tend à les
ramener à un « énoncé de réalité » et à les éloigner de la littérature
entendue comme l’art du langage.
Dans le cas de l’amitié,
l’écriture personnelle possède des référents prestigieux (Aristote,
Cicéron, Plutarque…) qui incitent au travail sur le langage – pierre de
touche de la littérature. Les caractéristiques de l’amitié vont dans le
même sens : hautement valorisée, associée à l’honneur, vécue sur le
mode passionnel, elle bénéficie d’un respect et d’une vénération qui
rejoignent ceux que l’on porte, précisément, à l’expression littéraire.
* BIBLIOGRAPHIE
- Amitiés. Anthropologie et histoire,
Textes rassemblés et présentés par Georges Ravis-Giordani,
Aix-en-Provence, Publications de l’Université de Provence, 1999.
- AYMARD, Maurice, « Amitié et convivialité
», dans P. Ariès et G. Duby (dir), Histoire de la vie privée, tome 3, «
De la Renaissance aux Lumières », Paris, Seuil, 1986, p. 459.
- BIDART, Claire, L’Amitié. Un lien social, Paris, La Découverte, 1997.
- BLANCHOT, Maurice, L’Amitié, Paris, Gallimard, 1971.
- BLANCHOT, Maurice, Pour l’amitié, Tours, Farrago, 2000.
- BLOOM, Allan, L’Amour et l'amitié, Paris, De Fallois, 1996 ; rééd. le Livre de Poche, 2003.
- DAUMAS, Maurice, Des trésors d’amitié. De la Renaissance aux Lumières, Paris, Armand Colin, 2011.
- DERRIDA, Jacques, Politiques de l’amitié, Paris, Galilée, 1994.
- Foi, Fidélité, Amitié en Europe à la
période moderne. Mélanges offerts à Robert Sauzet, Textes réunis par
Brigitte Maillard, Publ. de l’Université de Tours, 1995, Tome II.
- FOLLON, Jacques, MCEVOY, James, Sagesses
de l’amitié II. Anthologie de textes philosophiques patristiques,
médiévaux et renaissants, Ed. universitaires de Fribourg, Suisse, Ed.
du Cerf, Paris, 2003.
- VINCENT-BUFFAULT, Anne, L’exercice de
l’amitié. Pour une histoire des pratiques amicales aux XVIIIe et XIXe
siècles, Paris, Seuil, 1995.
- VINCENT-BUFFAULT, Anne, Une histoire de l’amitié, Paris, Bayard, 2010.
- « Les voies de l'amitié I & II »,
Épistolaire, revue de l'AIRE, n° 32 & 33, 2006 & 2007, pp.
147-180 & 129-171.
* COMITE SCIENTIFIQUE
Michel Braud (Université de Pau et des Pays de l’Adour)
Maurice Daumas (Université de Pau et des Pays de l’Adour)
Philippe Loupès (Université Michel de Montaigne, Bordeaux II)
Philippe Lejeune (Institut Universitaire de France)
Sylvie Mouysset (Université de Toulouse-Le Mirail)
Françoise Simonet-Tenant (Université Paris XIII)
* COMITE ORGANISATEUR
Michel Braud michel.braud@worldonline.fr
Maurice Daumas mau.daumas@wanadoo.fr
* MODALITES PRATIQUES
Les propositions de communications (titre
et une demi-page de développement) sont à envoyer à Michel Braud ou à
Maurice Daumas. Le délai pour l’envoi des propositions est fixé au 30
juin 2012.