12-14 janvier 2006 - CLERMONT-FERRAND - Le vieillir féminin et l’écriture autobiographique
Ce colloque international fait partie du projet de recherche « Vieillir » du CRLMC (Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand).
La différence entre les sexes dans le phénomène du vieillissement a déjà été soulignée par Simone de Beauvoir dans son étude classique La Vieillesse. Cette différence concerne non seulement les changements physiologiques, mais également les aspects sociaux psychologiques et spirituels du phénomène. En réfléchissant sur son propre vieillir, la femme se voit confrontée non seulement à des traditions littéraires souvent misogynes, mais aussi aux champs contemporains du savoir. Concepts et représentations, ceux du sexe comme du vieillir, sont essentiellement des constructions culturelles dont il s’agit d’étudier les variations et les croisements.
Ce colloque se propose d’aborder la question du vieillir féminin à partir de phénomènes d’écriture autobiographique des XIXe et XXe siècles dans un cadre transculturel. Comme les recherches sur l’autobiographie féminine des dernières vingt années l’ont montrés, les écrivaines entretiennent souvent une relation ambiguë avec ce genre. Il est donc compris ici dans un sens large, incluant également le journal intime, le genre épistolaire, le récit de vie et certaines formes d’autofiction. Il ne s’agira pas d’isoler un savoir proprement féminin vis-à-vis du processus de vieillissement, mais plutôt d’observer et d’analyser les stratégies discursives particulières développées par rapport aux idées propres aux traditions culturelles concernées.
Le genre autobiographique s’offre comme terrain de réflexion, car il réalise une mise en scène exemplaire de la prise de conscience du vieillir : Dans les interstices entre l’évocation d’un passé souvenu et raconté et le présent du récit autobiographique se cache l’indéniable processus du vieillissement. Passé sous silence comme aspect thématique et ainsi refoulé dans beaucoup d’exemples classiques du genre, il réapparaît comme concept-clé au niveau de la structure et de la construction identitaire du sujet de l’énonciation.
Axes de réflexion possibles :
- Les prises de position et les stratégies discursives vis-à-vis des représentations culturelles et littéraires de la femme vieillissante
- La tension entre écriture privée et écriture publique, entre témoignage et fiction, dans l’évocation et la mise en scène du vieillir
- Le rapport qu’entretient l’évocation littéraire du vieillir féminin avec d’autres champs épistémologiques comme la philosophie, la sociologie, la médecine, la psychologie ou la psychanalyse
- Des questionnements théoriques liés à la relation entre écriture autobiographique et expérience du vieillir
- Des approches comparées ou transculturelles du sujet
Les propositions de communication (titre, résumé du
projet de 300 mots environ et CV) doivent parvenir avant le 30 juin
2005 par courrier à Annette Keilhauer, CRLMC, Université
Blaise Pascal, Clermont-Ferrand
Responsable : Annette Keilhauer
Adresse : CRLMC Maison de la Recherche 4 rue Ledru 63057 Clermont Fd Cedex 1.
Email : CRLMC@univ-bpclermont.fr annette.keilhauer@rz.hu-berlin.de
Autobiographie
et discours familial :
nid de colombes ou nœud de
vipères ?
Repérages
Trois
positions possibles :
- La fusion (le discours du consensus, la
littérature
officielle de la famille, les archives, la légende, la
généalogie, les photos,
les fêtes, les anniversaires, les chroniques, le folklore commun,
lexique,
anecdotes, plaisanteries, etc.)
- Le clash, la brouille, le règlement
de comptes
(discours ou récit violent d’un des membres de la famille contre
un autre ou
contre le groupe)
- Les positions intermédiaires, les
plus fréquentes.
Les
relations de parenté :
- Couples (l’un écrit, l’autre pas,
écrit quoi, quand,
à qui ; correspondances, mémoires, textes de
deuil ; y a-t-il une
écriture de couple ?)
- Enfant/parent(s) (cas le plus
fréquent, voir le
dossier « Écrire/décrire ses
parents », La Faute à Rousseau,
n° 9, juin 1995)
- Enfant/grand(s)-parent(s)
- Parent/enfant(s) (plus rare, sauf pour la
petite
enfance)
- Grand-parent/petit(s)-enfant(s)
- Frère(s)/sœur(s) (voir Cahier de
l’APA, n° 4).
Autres
questions :
- Monologue ou polyphonie (une seule ou
plusieurs
écritures dans la famille)
- Transmission ou continuation : le
passage de
l’écriture d’une génération à l’autre
- Le sexe (positions les plus
fréquentes côté masculin
et côté féminin)
- Le célibat, le choix homosexuel, le
refus de se
reproduire
- La classe sociale (traditions propres
à chaque
milieu ; changement de milieu et « névrose de
classe », etc.)
- Psychologie :
hérédité, secret de famille,
thérapie familiale, etc.
- Rôle des infirmes ou des marginaux
- Successions et héritages.
14h30-17h30
JEUDI 4 MAI 2006
MATINÉE
9h
Accueil des participants
9h15
Ouverture du colloque
9h30-12h30 Table ronde : les
écritures autobiographiques aujourd’hui
Présidente
de séance :
Françoise Simonet-Tenant (Université Paris 13)
Autofiction
et poétique, Jean-Louis Jeannelle (groupe Fabula)
Sépias
au miroir, Véronique Montémont (ATILF-CNRS)
Frontières
de l’essai et de l’autobiographie, Vincent Ferré
(Université Paris 13)
L’essai
autobiographique selon Pierre Pachet, Christophe Pradeau
(Université Paris 13)
L’écriture
de soi : le point de vue génétique, Catherine
Viollet (ITEM-CNRS) et Marie-Françoise
Lemonnier-Delpy (IUFM Rouen)
Questions-Discussion
12h30-14h
Déjeuner
APRÈS-MIDI
14h-17h Table ronde :
l’autobiographie hors de soi, théâtre et épistolaire
Présidente
de séance : Anne
Coudreuse (Université Paris 13)
Le
je de l’épistolier, Geneviève Haroche (Université
d’Orléans)
La
lettre : une autobiographie ordinaire ?,
Brigitte Diaz (Université de Caen)
Le Drame de
la vie de Rétif de
Alfred de
Musset, ou les diffractions du moi
romantique, Sylvain Ledda (lycée Evariste Galois de Sartrouville)
Théâtre
et autobiographie: cadre théorique et exemples
contemporains, Geneviève Jolly (Département d’arts du
spectacle de l’Université
de Strasbourg)
Questions-Discussion
VENDREDI 5 MAI 2006
MATINÉE
9h30-12H30 Table ronde : regards
croisés sur les histoires de vie
Présidente
de séance :
Christine Delory-Momberger (Université Paris 13)
Complémentarité
entre oralité et écriture dans le récit
biographique, Pierre Dominicé
(Université de Genève)
Ateliers
d’écriture et fragments autobiographiques, Marie-Claude Penloup
(Université de
Rouen)
Le
récit de vie en formation au risque du sujet, Jean Biarnes
(Université Paris
13)
Histoire
et historisation en psychanalyse, Hervé Castanet
(Université de Nantes)
Singularité
et contextes partagés : l’exemple des historiques de
famille, Catherine
Delcroix (CNRS)
Le
jouet dans les récits d’enfance d’écrivains, Michel
Manson (Université Paris
13)
Questions-Discussion
12h30-14h
Déjeuner
APRÈS-MIDI
14h-16h15 Table ronde :
francophonie et écritures de soi, métamorphoses d’un
genre ?
Présidente de séance : Véronique Bonnet (Université Paris 13)
Le
modèle autobiographique est-il exportable ? Exemples au Maghreb,
Anne Roche
(Université d’Aix-en-Provence)
L’autobiographie
caribéenne : l’horizon d’attente
détourné ?, Yolaine Parisot
(Université de Versailles-Saint-Quentin)
Un journal intégral et
inédit: Roland Jaccard (1983-1988), Jacques Lecarme (Université Paris 3)
Questions-Discussion
Conclusions par Xavier Garnier
16h30-17h15
Collation
17h15-18h Lecture-Spectacle : « le point du jour » (autour des journaux féminins)
(Compagnie
Trois… six… neuf.
Conception et interprétation : Nathalie Prokhoris
Violoncelle :
Claire Spangaro)
Colloque « le
propre de l’écriture
de soi »
Jeudi 4 mai et vendredi 5
mai 2006
Nom………………………………………………………Prénom……………………………………...
Adresse………………………………………………………………………………………………….……………………………………………………………………………………………………………
Tél……………………………….E-mail………………………………………………………………..
Souhaite assister au colloque
Jeudi 4 mai 2006
Participera
Ne participera pas
Vendredi 5 mai 2006
Participera
Ne participera pas
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Frais de participation aux déjeuners
(boissons comprises) : 12 euros par repas
(paiement
par chèque à l’ordre de l’agent comptable de Paris 13)
Le bulletin d’inscription ainsi que les
éventuels frais de participation sont à retourner avant
le 20 avril 2006 à
l’adresse suivante :
Françoise Simonet-Tenant
UFR LSHS
Université Paris 13
99, avenue Jean-Baptiste Clément
93 430 Villetaneuse
Renseignements :
F.
Simonet-Tenant : Tél. 01 44 74 02 69
Jeudi
11 mai
9h30
Accueil des
participants
9h45 Ouverture
du colloque par Monsieur Daniel
MELLIER, vice-président recherche de l’Université de
Rouen et Madame Françoise
RÉTIF, directrice du CR2A
Président de
séance : Florence BANCAUD
10h00 Rolf
WINTERMEYER (CR2A Allemand/ Université
de Rouen) : Introduction
10h15 Hermann
KLEBER (Philologie romane/ Université
de Trèves) : L’émergence du moi privé dans
les Mémoires du XVIe
et du XVIIe siècles
10h45-11h00 :
Pause
11h00 Eva
KORMANN (Etudes germaniques/ Université
de Karlsruhe): Le moi et la famille – conceptions du Soi et de la
personne que
l’on est dans les autobiographies du XVIIe siècle
dans les pays de
langue allemande
11h30 Nadège
LANGBOUR (LM/ Université de Rouen): La dimension autobiographique des Salons
de Diderot: l’émergence du « moi
privé » derrière le « moi
public »
Président de
séance : Hermann KLEBER
14h30 Anne
COUDREUSE (LM/ Université Paris XIII) :
Les Mémoires de Madame Campan, première femme de
chambre de
Marie-Antoinette
15h00 Marie-Paule
de WEERDT-PILORGE (Agrégée
et Docteur en Lettres/ Tours) : Moi privé, moi public, moi
idéal dans
quelques mémoires du XVIII° siècle
15h30 Charlotte
SIMONIN (LM/ Université de
Rouen): Les jeux du Je dans la correspondance de Françoise de
Graffigny
Pause
16h00-16h20
16h20 Jean-François
LAPLÉNIE (Allemand/ Université
Paris IV) : L’individu et
le cas. L’écriture autobiographique avec ou sans la psychanalyse
16h50 Frédéric
TEINTURIER (Allemand/ Université Paris IV) : Quelle
place pour la
subjectivité ? L’écriture
du moi dans les oeuvres autobiographiques d'Heinrich Mann
17h10 Konrad
HARRER (Allemand/ Université
Paris IV) : « Moi public » et
« moi privé » sous
l'angle de la systémique
Vendredi
12 mai
Président de
séance : Jean-Claude VIMONT
9h00 Marianne
KRÖGER (Litt. allde. contemp./ Frankfurt/
M): Le fragment de roman BEB II de
Carl Einstein – Retour sur une époque et problématisation
du moi
9h30 Florence
BANCAUD (CR2A Allemand/ Université
de Rouen) : Le journal : refuge du moi privé ou
(re)création d’un
espace public ? Le journal extime de Victor Klemperer comme
chronique,
témoignage et comme ultime rempart de l’homme contre le
système totalitaire
10h00 Patrick
FARGES (Allemand/ Université de
Dijon) : « Mon histoire est une note de bas de page,
sauf pour
moi, parce que je l’ai vécue » : la mise en
récit d’une vie
d’exil chez les exilés germanophones au Canada
10h30
Pause
10h40 Marie-Françoise
LEMONNIER-DELPY (LM/
IUFM Rouen) : Moi public et moi privé dans les notices
biographiques
autographes d’écrivains du XXème siècle
11h10 Jean-Louis
JEANNELLE (LM/ groupe
fabula) : Les « récits de
désaveu » ou comment faire son
autocritique de manière critique ?
11h40 Christine
MEYER (Allemand/ Université
d’Amiens): Formes et problématique de l'écriture du moi
dans Les Années
anglaises d'Elias Canetti
Président de
séance : Jean-Louis JEANNELLE
14h15 Barbara
AGNESE (Litt. comparée/ Université
de Vienne) : “Infin che ’l mar fu sopra noi richiuso”. Les langues
du moi
privé, voix de la représentativité ? Primo
Levi, Jorge Semprún
14h45 Michelle-Irène
BRUDNY (Etudes
américaines/ Université de Rouen): Hannah Arendt en ses
« moi ».
15h15 Ruth VOGEL-KLEIN (Allemand/ ENS Ulm CR2A) : Le
« Refus de témoigner » de Ruth
Klüger, professeur de lettres et
rescapée d'Auschwitz
15h45
Pause
16h00 Jean-Claude
VIMONT (Histoire/ Université
de Rouen): La
« brutalisation » du journal intime
d'une jeune internée civile.
16h30 Ingeborg
RABENSTEIN-MICHEL (Allemand/
IUFM Lyon CR2A) : L’autobiographique chez Ilse Aichinger: une
stratégie
d’écriture au service de la transmission
17h00 Corinne
BOUILLOT (CR2A Allemand/
Université de Rouen) : Vécu individuel et collectif
de l’effondrement du
nazisme: la voix du « je » et l’expression du
« nous » dans
les journaux personnels de quatre Berlinoises
Président de
séance : Corinne BOUILLOT
9h15 Anne-Marie
CORBIN (CR2A Allemand/
Université de Rouen) : Ostalgie ou véritable travail
de retour sur le
passé : les écrits autobiographiques récents
dans l’Est de l’Allemagne
9h45 Eva
WERTH (CR2A Allemand/ Université
de Rouen) : « Westalgie » : comment les
auteurs de l’Ouest
ont reçu la chute du mur, et existe-t-il un mouvement
autobiographique semblable
à la « Ostalgie » ?
10h15 Carola
HÄHNEL (Allemand/ Ecole
Polytechnique) : « La littérature du souvenir
des jeunes générations
de la RDA : la représentativité malgré
soi »
10h45 Pause
11h00 Hélène
FRANCOUAL (Allemand/ Université
de Rouen) : Les avatars du moi : l’autobiographie
bernhardienne et
ses prolongements parodiques
11h30 Jean-Marie
WINKLER (Allemand/
Université de Rouen) : Entre private game et
confession intime. Les
références autobiographiques dans le théâtre
de Thomas Bernhard (1931-1989)
12h00
Conclusions (R.
WINTERMEYER/ C.
BOUILLOT)
Appel
de communication pour le 74e Congrès de l'ACFAS,
UniversitéMcGill, Montréal.
Dessin
de la vie aussi bien
qu’écriture de la vie (selon le double sens de l’étymon
« graphein »), la biographie et l’autobiographie
semblent subir
d’office l’attrait de la représentation iconique. Riche et
ancienne,
d’ailleurs, est la métaphore qui associe le biographe au peintre
(on la
retrouve chez M. Schwob, notamment). Dès l’Antiquité, les
auteurs de tombeaux
et autres hagiographes ménagent une place non négligeable
à l’aspect physique
du louangé. Au XVIIe siècle, le portrait
littéraire mondain fait de
l’image du corps son principal substrat biographique. Au XIXe
siècle, la photographie vient remplacer les gravures qui
ornaient déjà les
livres biographiques et les mémoires. Au courant du XXe
siècle, elle
deviendra pratiquement un diktat du genre et se multipliera sans
retenue dans
une certaine biographie à l’anglo-saxonne. Le retour au sujet et
au réel amorcé
par la littérature au début des années 1980
signera l’apparition de variations
et d’agencements inédits. D’une part, des auteurs comme A.
Buisine font du
portrait littéraire d’écrivain la pierre de touche de la
vie et de l’œuvre du
biographé. D’autre part, dessins (A. Savinio, F. Pajak),
portraits
photographiques (P. Michon, J. Prieur), autoportraits
photographiques (A.
Ernaux, D. Noguez) sont tantôt reproduits en encart,
tantôt intégrés au
discours (auto)biographique, avec une ardeur toute nouvelle.
Symétriquement,
l’image paraît
souvent céder à l’attrait du biographique. Du portrait
peint à la
« photobiographie » (l’autobiographie en
photographies – G. Mora, C.
Nori), en passant par le « biopic » (le film
biographique) et la bande
dessinée autobiographique (F. Neaud, M. Satrapi), les
médias à prédominance
visuelle s’attachent de diverses manières, à chaque
époque, à la transposition
du vécu.
Par
ailleurs, d’un point de
vue iconologique, l’image autobiographique renvoie à la notion
avancée par L.H.
Rugg : « authorship of self-image ». Rois,
politiciens,
écrivains et autres sont bien souvent les premiers auteurs de
leur image
publique, qu’ils façonnent et développent plus ou moins
à leur guise, qui en
positif (Ph. Sollers dans toute sa visibilité), qui en
négatif (R. Ducharme
dans son invisibilité). Ainsi un auteur comme M. Jouhandeau
a-t-il pu se dire
le sculpteur de son propre visage, comme si l’(auto)portrait
était avant tout
une construction du modèle lui-même.
Il
s’agit, en dernière
analyse, de s’interroger sur la pertinence de l’image pour
« traduire » la réalité du
vécu. Qu’elle côtoie ou investisse le
texte dans la biographie et l’autobiographie, ou qu’elle prenne en
charge
l’essentiel du bios dans les médias à
prédominance visuelle, une question demeure :
jusqu’à quel point
l’autobiographique et l’altrobiographique sont-ils compatibles avec
l’iconicité? Plusieurs théoriciens, dont Ch. Grivel et
certains collaborateurs
des Cahiers de la photographie (1984,
no 13 : « La photobiographie »),
écartent la
possibilité même d’une (auto)biographie en images.
Inversement, un
(auto)portrait littéraire ou visuel, en raison de sa
tabularité et de la stase
temporelle plus ou moins marquée qu’il provoque, ne saurait
prétendre embrasser
tout le « module existentiel fondamental » (D.
Madelénat) que
constitue une vie humaine de la naissance à la mort. En
conséquence, la notion
même d’« image (auto)biographique »
serait-elle une contradiction
dans les termes?
On voit bien les problèmes que soulève d’emblée l’étude de l’(auto)portrait (auto)biographique. En amont, on questionne son « réalisme » (puisqu’il serait toujours préconstruit) ; en aval, son potentiel narratif (puisqu’il serait contraire à la linéarité de l’existence). Pour tenter de cerner cette problématique, voire de redéfinir la relation entre l’image et l’écriture de la vie, nous entendons initier une réflexion théorique sur le concept d’« image (auto)biographique » par le biais de l’analyse des divers avatars de l’(auto)portrait dans des œuvres littéraires et visuelles à incidence (auto)biographique.
Trois axes de recherche se dégagent de la problématique : 1) l’étude de l’(auto)portrait sous toutes ses formes dans le texte (auto)biographique, 2) l’étude de l’(auto)biographique dans les médias à prédominance visuelle (peinture, photographie, cinéma, vidéo, bande dessinée, voire sculpture, installation et autres) et 3) l’étude de cas significatifs de construction, très souvent intermédiatique (dans la photographie publicitaire, les journaux, la télévision, les magazines, l’autobiographie, etc.), de l’image de soi.
Chaque participant du
colloque aura 20
minutes pour prononcer sa conférence. Nous invitons les
chercheurs intéressés
par la problématique à nous soumettre une proposition du
communication titrée,
comptant entre 250 et 300 mots, au
plus tard le 20 décembre 2005. La
proposition doit être accompagnée des informations
suivantes :
-nom
et prénom
-fonction
-institution
d’attache
-adresse
postale
-adresse
électronique
-numéro
de téléphone.
Veuillez
envoyer le tout par fichier électronique, en document
attaché et sous format
Word, aux deux organisateurs du
colloque simultanément :
-
Robert DION, professeur
Département d’études littéraires
Université du Québec à Montréal
-
Mahigan LEPAGE, étudiant
Département d’études littéraires
Université du Québec à Montréal
Vendredi 2 juin
17 H / 19 H visite libre des expositions au CISL et/ou visite possible du musée urbain Tony Garnier (entrée : 5 Euros hors forfait Journées)
19 H Dîner
20 H 30 Ouverture des Journées
20 H 45 Soirée cinéma animée par Jean-François Martinon : « La représentation de soi ou d’un double cinématographique à l’écran »
7 H / 8 H 30 Petit-déjeuner
9 H / 12 H « L’autoportrait en débat », table ronde animée par Pascal Dreyer avec Christine Plasse-Bouteyre, « L’écriture autobiographique : conflit, mémoire et construction identitaire » ; Anne Brun, « L’autoportrait chez Henri Michaux entre écriture et peinture » ; Alexandra Pleshonayo « Le portrait spirituel dans le Journal d’Etty Hillesum » Françoise Simonet-Tenant « Les autoportaits photographiques et scripturaires de Lartigue »
12 H 30 Déjeuner
14 H départ en autocar pour le musée des Beaux-Arts
14 H 30 / 17 H Parcours « Portraits et autoportraits » dans les collections du musée (parcours commenté, en groupes). En parallèle, visite libre de l’exposition temporaire « Folie et Humanité » dans l’œuvre de Géricault.
17 H / 18 H 45 Retour buissonnier au CISL sous l’amicale houlette des apaïstes lyonnais.
19 H Dîner
20 H 30 Soirée Théâtre
Lambeaux, spectacle proposé par la Compagnie des Trois-Huit au Nouveau Théâtre du 8e (juste derrière le CISL)
Texte de Charles Juliet, dans lequel il s’adresse à la mère qu’il n’a pas connue :
« Te ressusciter. Te recréer. Te dire au fil des ans et des hivers avec cette lumière qui te portait, mais qui, un jour, pour ton malheur et le mien, s’est déchirée. »
La représentation sera suivie d’une rencontre avec l’auteur.
7 H / 8 H 30 petit-déjeuner
9 H / 11 H ou 11 H 30 Ateliers d’écriture, de création, d’échanges (à choisir page suivante)
11 H 30 / 12 H 30 Cartes blanches (voir bulletin d’inscription)
12 H 45 déjeuner
14 H 30 / 16 H Témoignages de pratiques :
Serge Vollin, peintre autobiographe et Stéphanie Dupont, photographe, témoigneront de leur pratique de l’autoportrait au cours d’une interview menée par Évelyne Pansu
16 H 17 H Temps de parole et d’échange autour de la vie associative : quel avenir pour l’APA, projets, souhaits, prospectives…
17 H Fin des Journées 2006